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Thérapeute Énergétique – Magnétisme – Hypnose – Médium
 

Mon Histoire 5


Elle est belle la thérapeute, elle est jeune aussi, mise en confiance immédiate, dès le premier regard.
Très important le premier regard.
Tu plonges dedans, elle a les yeux bleus océaniques, clairs, très clairs, dedans tu lis la tendresse, tu lis la patience, tu lis une infinie bonté.
Elle a tout pour mettre en confiance. J’allais écrire en « conscience » parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.
Elle fait un sourire, sourire distant mais sourire quand même.
Elle est toute de noir vêtue, une longue robe noire, et elle fait rentrer la sale gamine dans son bureau.
Elle va devenir le repère de la gamine, mais celle-ci ne le sait pas encore, repère pour un bout de temps, une grotte de retrait où tu te retrouves seule avec toi-même.
Parce que tu l’oublies vite le thérapeute derrière le bureau, toi tu es assis, tu ne t’allonges pas forcément, c’est comme tu veux.
Et la sale gamine pour le moment veut rester les pieds sur terre, elle croit que les pieds sur le sol c’est comme avoir les pieds sur terre, parce que si tu t’allonges, tes pieds décollent et alors tu ne contrôles plus.
Déjà une première leçon sur le contrôle.
Cela fait peur au début, les pieds qui ne touchent plus terre, elle laisse le choix. Et la sale gamine préfère garder le contrôle.
Pieds bien à plat sur le sol de ce bureau.
Regards échangés. « C’est comme vous le désirez. »
Nerveuse, la sale gamine.
De part et d’autre du bureau il y a des plantes vertes. La pièce est claire. Un havre de paix, et bientôt, la sale gamine y perdra beaucoup de défenses.
Elle se sent bien dans ce bureau, elle fixe la thérapeute qu’elle appelle « Docteur », elle sent son ouverture d’esprit comme on sent une belle éclaircie dans une clairière, au milieu d’une forêt vierge, polluée d’insectes qui font peur et de trous qu’on ne voit pas avant qu’on ne tombe dedans.
Doucement, très doucement, la thérapeute appelle à la confidence.
Première question : Qu’attendez-vous de moi ?
Oh là, première colle, panique.
– Je souffre, je ne sais pas, j’ai 26 ans…
– Oui, un peu comme tout le monde…
– Ah bon ?
– …
– Je veux mourir.
– Il y a sûrement d’autres solutions…
– Mon père dit que c’est lâche, mais je m’en fous, je veux mourir quand-même.
– …
– …
– Vous êtes toujours aussi silencieuse ?
– …
Et là, s’ensuit un silence buté.
Deuxième leçon. C’est TON silence, tu dois en prendre conscience rapidement.
C’est assez incroyable comme prise de conscience soudaine, la première fois que tu es vraiment «Écouté(e)».
Pas seulement «entendu(e)» mais écouté(e).
Sans interférences.
Sans la voix parfois cruelle, qui immédiatement apporte son point de vue à tout ce que tu pourrais dire, et qui finalement t’empêche d’Être.
Et la sale gamine reste seule avec sa question.
Elle panique, tellement angoissant ce silence, que dire de plus, il va falloir payer, il va falloir donner de l’argent contre ce silence !?


La suite de mon histoire...